Pirouésie 2010, 1 : devoir de vacances.

Publié le par chantal robillard lectures

 

voici en commençant par la fin, quelques exemples de l'atelier d'écriture de Pirou, Pirouésie, organisé par Robert Rapilly avec la complicité notamment de Jacques Jouet et Olivier Salon.

 

tout dernier exercice : faire raconter la semaine par un élève de CM1 ou CM2.

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Devoir de vacances

 

(lettre manuscrite retrouvée avec quelques photos jaunies dans les pages d'un thriller de la bibliothèque de Pirou.

pour une meilleure commodité de lecture, nous avons décidé de rétablir au mieux l'orthographe hésitante)

 

 

 

Maman,

oh ma maman chérie,

c'est à Pipiroume que j'ai été  en colo, pasque papa y préférait rester avec sa nouvelle copine à Saint-Malo. Voui je sais bien qu'on y dit Pirou, mais nous, les jolis potes et moi, on disait Pipiroume.

 

 

Alors la colo, c'était dans un presse t'y boire, à Pipiroume bourre, là où on collectionne les balais à chiotes colorés dans le pré, même qu'y sentent pas bon, beurk ! C'est à côté de Pipiroume pont, qu'a pas d' pont.

 

 

Alors la colo, voilà : y avait cantine à midi, et y fallait se dépêcher pour avoir son bout d'pain et son bout d'fromage. Avant ça y avait la bouffe mais pas d'pâtes ni d'frites. Les monos y zavaient du vin, eux, ou du cidre, pas nous.

 

 

Le matin y avait toujours “prom'nons nous dans les bois” avec les monos de l'ouli-pot. Moi j'ai jamais vu le loup, pff, mais les autres non plus. Les bois ou les dunes, hein, même que là, sur les dunes, y avait pas d'bois mais un bûcheron siffleur en short, qui f'sait l'alouette tout l'temps et qui nous f'sait ramasser des bouts d'machin pour un zerbier. Mais j'ai pas vu d'zèbre.

 

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L'aprème y avait écriture, calcul, autogramme et lipogirafe ; ça j'aime pas faire, maman, tu l'sais, le calcul. Pis c'était nul, y avait pas d'goûter, pas d'galette bretonne, même pas normande.

 

 

Le soir y avait pestacle, à Pipiroum plage, mais pas que : chez le dirlo, le comte Robert, aussi, parfois, et puis au presse t'y boire le dernier jour. C'étaient les monos qui faisaient le pestacle ou la lecture, et après y avait une dame qui nous f'sait chanter “la ptite poule rousse”, mais elle connaissait même pas la fin avec le loup, la dame. C'est moi qui lui ai appris la ptite poule rouge.

 

Et pis après on prenait nos sous de poche et on allait manger au restaurant, çui de la place ou çui de la plage, et moi je mangeais moulfrites, pasque j'aime bien ça, les moulfrites, surtout à la pêche, mais on s'en met partout et mes téchirtes rouges ils ont tous l'odeur de la moulfrite, avec le beurre et tout dessus. Jacques y me lançait de l'huile, en plusse !

 

Tu vas être contente, maman, quand tu rentreras de tes vacances, j'ai des chouettes machins pour toi, que j'ai acheté plein un ptit pot, et  des chouettes machines à faire aussi. Mais j' t' aiderai à les étendre, dans le pré de mémé.

 

Le dernier soir, c'était super super, on s'est tous barbouillés de farine et de jus de bulot et on a joué à chat perché avec les bulots à ventouse. Même que Jacques et Olivier y se sont battus à mort, et y en a un qu'a un gros gnon sur le zeuil, et parait que c'est du beurre noir, mais c'est même pas vrai vu que c'est violet et bleu.

 

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Ben elle était bien cette colo maman, alors je dirai à Papa de me rince-écrire pour l'an prochain, je veux le voir, le loup, cette fois !

 

Signé :

 

ton Chaperounet

qui t'aime gros comme une galette dorée

 

 

un bisou à mémé Chevillette, même que si ça pique ça fait rien.

 

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les monos complotant nos exercices de l'après-midi :

 

 

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Publié dans textes oulipiens

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