10 : où "Zoo des chimères" plaît dans... le Neuf - trois !

Publié le par chantal robillard lectures

 

carabosse    ...   et voici déjà la  dixième critique, mais oui,  sur  "Zoo des chimères",

 

cette fois, c'est  dans la newsletter de l'été, dite  "le lison futé",

 de la  médiathèque de Noisy-le-Sec  (93) :


 

http://www.facebook.com/l/TAQGg0acz/www.mediatheque-noisylesec.org/lf/index.php/robillard-chantal/

 


 

aaz-zoodeschimeres-couv extrait

 

 

 

Chantal Robillard

Argemmios, 2013
[ROB]

Ce livre est en fait constitué d’un ensemble de nouvelles, qui lues à la suite vont former un récit cohérent. En guise de fil conducteur, deux points principaux. Tout d’abord un endroit, voire davantage un concept : le parc zoologique. En second lieu… Une forme, un style tout particulièrement original : en effet, chaque texte a pour contrainte un voire plusieurs jeux oulipiens (que ce soit allitérations ou assonances, tautogrammes, lipogrammes, absence de sujet grammatical…).


Une tempête a ravagé le zoo. Reconstruit sur Mars plus ou moins à la mode Disneyland, on suit ses péripéties quotidiennes comme la vie ou les échappées des animaux… Avec, de fil en aiguille, un glissement de plus en plus prononcé vers le fabuleux - le cas des apparitions récurrentes de la licorne, notamment. Mais qui narre également, en vrac : les histoires de cœur de deux cygnes (l’un avec la créature mythique, l’autre avec un pédalo), l’invasion de nains de jardin autour de la statue de Blanche Neige, les visites inopinées de King Kong puis de Nessie, d’un chat botté géant furibard, d’un cheval volant ou d’un malheureux triton chanteur, le voyage de découverte d’un neutrino curieux… Gare ! Dans les allées on peut tout aussi bien croiser le petit prince, un père Noël kidnappeur de rennes, une fée qui fait disparaître les enfants à l’approche de la maison en biscuits, l’Ève des bêtes ou la petite Carroll qui grandit et rapetisse à volonté, flanquée d’un lapin blanc à montre à gousset… Bref, les récits d’une joyeuse ménagerie, émaillée des déboires du personnel du zoo et de quelques « visiteurs » plus ou moins originaux.


En un mot, une très grande richesse : stylistique, avec une multitude de points de vue narratifs (bien souvent étonnants !) mais avant tout par ses jeux de langue ciselés. Pour autant, l’écriture reste très fluide, poétique ou d’un humour un brin sardonique tout en sachant faire appel à la corde sensible. L’occasion également d’une critique en pointillés de notre société, de ses abus (relations de l’homme avec la nature : au final, qui sont vraiment les bêtes ?), de ses incohérences et de son opportunisme (les vaches - seules coupables, évidemment- produisent trop de méthane, alors exportons-les sur une autre planète ; mais gardons-en quelques-unes histoire d’avoir du lait, tout de même !). Des interrogations assez philosophiques, aussi, en abordant les notions de liberté et d’asservissement d’un être pensant, de la bonne volonté inopportune (peut-être un schéma des relations Nord-Sud ?), de la solitude et de la perception du le monde, des amours étranges… À tous points de vue, un très beau récit.

Madeline

 

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eh bien, merci Madeline, voilà une lectrice attentive et futée  !

bel été à vous  et à toutes les bibliothécaires-médiathécaires de Noisy-le-Sec et environs...

 

Ch. R.

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